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29
mar

Confort énergétique sur le lieu de travail: véritable acquis social?

Il est intéressant de se poser la question de son rapport à l’énergie sur son lieu de travail. En effet s’il devient évident qu’en tant que particulier chacun y prête une attention plus ou moins forte à son domicile, ce n’est pas forcément le cas dans son entreprise.

Plusieurs raisons permettent d’expliquer cela. La première est l’attention portée de manière générale à la facture énergie dans l’entreprise: un parcours classique de la facture est souvent limité à deux étapes: arrivée au service courrier qui l’adresse au service comptabilité. Il manque une étape importante: l’exploitation ou autrement dit « le métier »!

Tant que l’énergie ne sera pas partie intégrante de l’exploitation et ne rentrera pas systématiquement dans l’évaluation de la performance de l’entreprise il sera complexe de mobiliser les salariés/populations en interne. C’est pourquoi la mise en place d’une politique de management énergétique dans une entreprise doit s’accompagner d’une réflexion sur les indicateurs clés de performance et de quelle manière ils seront corrélés à la consommation d’énergie: il faut oublier les kWh et parler dans l’unité du métier!

La deuxième raison est la valeur que l’on porte à son confort sur son lieu de travail. Le terme d’acquis social n’est souvent pas trop fort pour décrire la relation qu’entretiennent les occupants d’un bâtiment avec leur niveau de confort. Au même titre que l’on peut porter des revendications sur des niveaux de salaires il en est de même sur le confort. Souvent acquis d’ailleurs dans des moments où ces préoccupations énergétiques étaient mises en arrière plan, il est compliqué de faire évoluer la situation aujourd’hui et d’aborder cette problématique de manière rationnelle et non émotionnelle.

Dans certaines circonstances le confort à outrance (bureaux surchauffés, chauffage d’appoint,…) est toléré. Il participe grandement à assurer une paix sociale dans les services mais à quel prix? Il est souvent impossible d’en chiffrer le réel impact financier. Les managers aimeraient souvent pouvoir sortir de ce mode de fonctionnement ou tout au moins évaluer le coût de cette tolérance afin de prendre une décision mais sans métrique précise, la tâche se révèle compliquée.

Un parallèle intéressant peut être fait avec l’ensemble des dépenses dans l’entreprise: un manager n’acceptera pas une note de frais restaurant ou une dépense téléphone aberrante, quel manager dirait aujourd’hui à un membre de son équipe qu’il a trop consommé d’énergie ce mois-ci?

L’on comprend bien alors la nécessité de l’engagement humain, de l’accompagnement et de la sensibilisation dans la gestion énergétique des bâtiments professionnels afin de parvenir à des modes de fonctionnement raisonnés sans toutefois tomber dans la décroissance (crainte la plupart du temps des occupants). La réglementation thermique 2012 (RT2012) et les obligations de comptage énergie associées ainsi que l’ISO 16001 font partie des éléments importants qui participeront positivement à la mise en marche d’initiatives globales de management énergétique.

L’humain doit rester au centre de la démarche: accompagné et responsabilisé. En effet, sans cette responsabilisation les systèmes de management énergétique des bâtiments, aussi performants soient-ils, ne pourront rien face à des demandes irrationnelles tel que 25° en hiver et 18° en été!


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